Novembre 2018 

« Sexe »
La psychanalyse mène tant de travaux depuis un siècle qu’il semble avoir été comme oublié que le «scandale» qu’elle a provoqué, les indignations qu’elle a fait naître, et la réputée «subversion» qu’elle a apportée, concernaient, bien davantage que l’inconscient, le rêve et l’ensemble de ses élaborations, la sexualité.

Actuellement, tandis que la science et la médecine jusqu’à la sexologie, se concentrent sur la pathologie et les organes, leur mécanique et leur chimie, mettant de côté la vie du sujet et la subjectivité travestie derrière les demandes et les symptômes, du côté de la psychanalyse on tourne beaucoup autour des formules  de la sexuation, des aphorismes comme «Il n’y a pas de rapport sexuel» ou encore «La jouissance supplémentaire», etc., alors que Lacan utilisait des formules rétives afin de n’en pas faire des fétiches.
Les temps sont plutôt à une prudente modération clinique, sinon pruderie.
L’actualité médiatique et intellectuelle, elle, est absorbée par de violentes revendications politiquement correctes de changements nécessaires, de déculpabilisation ou de déni.
Et si certains hommes ne dédaignent pas la vulgarité, les femmes entre elles se révèlent parfois d’une étonnante crudité.

Mais la sexualité ne saurait se résumer à un hypothétique «acte sexuel», des techniques acrobatiques ou une recherche de l’orgasme.
Des plantes aux animaux, la sexualité consiste essentiellement, fondamentalement, en une recherche persévérante de rencontres, de mélanges et de transformations.
La sexualité espère la métaphore.
C’est pourquoi elle a à faire avec le scandale de la castration et se trouve soumise à la vindicte permanente des tenants du Un et de la procréation Toute.

Fidèles à nos habitudes, mais là comme une nécessité de reprendre notre respiration, nous repartirons de la clinique la plus simple, la plus basique, pour aller grappiller le réel à vif, là où on peut l’approcher, pour un séminaire sur la sexualité, et échapper un peu à l’encerclement par l’inflation théoricienne imaginaire.

Nous ouvrons à l’Association Psychanalyse et Médecine un nouveau séminaire mensuel intitulé «Sexe».

Ainsi, en introduction, nos deux premiers invités seront :
Janine Mossuz-Lavau, une sociologue auteure de deux enquêtes sur le comportement sexuel des français, dès ce mercredi 12 décembre.
Et André Langaney, généticien des populations, auteur de «Le sexe et l’innovation» qui nous parlera des comportements sexuels animaux et humains en Janvier 2019.

Houchang GUILYARDI

Septembre 2018

Il est largement claironné, mais très spécifiquement dans le système de santé, l'obsolescence de la Psychanalyse. Certains psychanalystes se demandant même si la psychanalyse pourrait survivre... 

La psychanalyse se porte vaillamment, merci, et travaille vigoureusement. 

Ses théories et avancées sont en réalité utilisées chaque jour dans tous les domaines sans exception de la vie sociale, intellectuelle, technique, clinique ou pratique. 

De "l'acte manqué" au jeu de mots (dont peu de journalistes réussissent à se passer), en passant par le refoulement, l"' inconscient " et mille occurrences, jusqu'aux énoncés lacaniens les plus obscurs. 

En réalité, c'est bien la médecine, malgré son aura considérable et son offre en inflation, qui se trouve en crise; et celle-ci n'apparait pas encore à sa mesure. 

Malgré ses apports, ses réussites continues, un décalage semble s'installer face aux attentes et aux résultats. 

Le pointillisme technique occupe le terrain et il n'est plus jamais question d'envisager une vue d'ensemble de la vie du sujet, dont la maladie porte l'alerte, comme il a pu en être dans le passé à sa façon avec le "médecin de famille ". 

Plus la technique progresse, plus le fossé s'élargit quand à l'absence de la place du sujet. 

Raréfaction des praticiens, manque de temps ou d'approche clinique, difficultés à obtenir un rendez-vous avec un spécialiste ou un généraliste, crise des urgences, orientation vers des spécialités moins prenantes, inflation des tâches administratives, principe de précaution en spirale ascendante, crainte des procès, augmentation des assurances, et une tendance lourde vers les médecines " douces" et les psychologisations primaires. 

Mise à disposition des savoirs sur internet, savoirs qui représentaient une part considérable du pouvoir médical, insécurité, exigences croissantes des "patients", prééminence de l'administration des hôpitaux, formant un bloc à la solidarité sans faille, aux objectifs fort éloignés, malgré leur affichage, du projet médical, variant au gré des règlements, parfois contradictoires, des multiples tutelles et lobbys; problèmes d'accessibilité des locaux et dépenses considérables ou nécessitant regroupements. 

Si le numérus clausus était programmé pour réaliser des économies en freinant le nombre de prescripteurs, ça n'apparaît pas comme une réussite: inflation des dépenses, ascension de la prise en charge des maladies à longue durée, concernant dix millions de français, et représentant 70% des dépenses de la sécurité sociale.

Mais fondamentalement une formation inexistante ou biaisée sur le fonctionnement psychique, la quasi impossibilité des vocations médicales hors scientifiques, agrémentée par la démotivation des infirmiers, et l'inflation des cadres, échappant aux soins. 

Il faut prendre le temps de la réflexion sur ce qui se présente comme un véritable tournant de la médecine, entre son hyperspécialisation technique, et la prise en compte inexistante du sujet à travers ses maladies et symptômes; et permettre d'accéder à un autre étage. 


L'ASSOCIATION PSYCHANALYSE ET MEDECINE SE REORGANISE 

I - Cette année à l'APM : pas de stages hospitaliers. Fermeture provisoire ou définitive de la "Formation de Clinique Analytique Hospitalière" FCAH. Pas de présentation de malade ("entretiens cliniques psychanalytiques"). 


II - Changements de lieux. 

Nous quittons les salles hospitalières et le Café Malongo, pour nous rencontrer : 

- dans notre nouveau local, Au 19 rue Tournefort, dans le Vème arrondissement de Paris. - à La maison des Associations du Vème, près des Arènes de Lutèce, 

- au Ministère des Solidarités et de la Santé, 

- et d'autres lieux encore... 


III - Et se poursuivent : 

- Le cycle des conférences du jeudi, pour les deux années à venir : "Psychopathologie de l’hyper modernité". 

- Les conférences du mercredi matin. 

- Les groupes cliniques, d'analyse des pratiques et supervisions. 

- Les séminaires et groupes de travail sur la crise de la médecine, visant une possible intégration d'équipes de psychanalystes - psychothérapeutes dans les hôpitaux. 

- La préparation d’un colloque Psychanalyse et Médecine. 

- Les publications.


Houchang Guilyardi