Editorial

« Sexe »

La psychanalyse mène tant de travaux depuis un siècle qu’il semble avoir été comme oublié que le «scandale» qu’elle a provoqué, les indignations qu’elle a fait naître, et la réputée «subversion» qu’elle a apportée, concernaient, bien davantage que l’inconscient, le rêve et l’ensemble de ses élaborations, la sexualité.

Actuellement, tandis que la science et la médecine jusqu’à la sexologie, se concentrent sur la pathologie et les organes, leur mécanique et leur chimie, mettant de côté la vie du sujet et la subjectivité travestie derrière les demandes et les symptômes, du côté de la psychanalyse on tourne beaucoup autour des formules  de la sexuation, des aphorismes comme «Il n’y a pas de rapport sexuel» ou encore «La jouissance supplémentaire», etc., alors que Lacan utilisait des formules rétives afin de n’en pas faire des fétiches.
Les temps sont plutôt à une prudente modération clinique, sinon pruderie.
L’actualité médiatique et intellectuelle, elle, est absorbée par de violentes revendications politiquement correctes de changements nécessaires, de déculpabilisation ou de déni.
Et si certains hommes ne dédaignent pas la vulgarité, les femmes entre elles se révèlent parfois d’une étonnante crudité.

Mais la sexualité ne saurait se résumer à un hypothétique «acte sexuel», des techniques acrobatiques ou une recherche de l’orgasme.
Des plantes aux animaux, la sexualité consiste essentiellement, fondamentalement, en une recherche persévérante de rencontres, de mélanges et de transformations.
La sexualité espère la métaphore.
C’est pourquoi elle a à faire avec le scandale de la castration et se trouve soumise à la vindicte permanente des tenants du Un et de la procréation Toute.

Fidèles à nos habitudes, mais là comme une nécessité de reprendre notre respiration, nous repartirons de la clinique la plus simple, la plus basique, pour aller grappiller le réel à vif, là où on peut l’approcher, pour un séminaire sur la sexualité, et échapper un peu à l’encerclement par l’inflation théoricienne imaginaire.

Nous ouvrons à l’Association Psychanalyse et Médecine un nouveau séminaire mensuel intitulé «Sexe».

Ainsi, en introduction, nos deux premiers invités seront :
Janine Mossuz-Lavau, une sociologue auteure de deux enquêtes sur le comportement sexuel des français, dès ce mercredi 12 décembre.
Et André Langaney, généticien des populations, auteur de «Le sexe et l’innovation» qui nous parlera des comportements sexuels animaux et humains en Janvier 2019.

Houchang GUILYARDI. Nov. 2018

Télécjharger : Editorial septembre 2018