2015-2016

DU FORCLUSIF DANS SES AVATARS SOMATIQUES ET PSYCHIQUES

8 octobre 2015 - Paul Laurent Assoun
"Tuer le mort. La forclusion maniaque comme solution au réel mélancolique"

"La manie relève-t-elle d'une logique de la forclusion? Cette question théorico-clinique doit être abordée à partir de l'idée freudienne que la manie est une "propriété de la mélancolie"- ce qui récuse la vulgate du "trouble bipolaire". Reste l'énigme du"revirement" (Umschlag), de l'effondrement mélancolique au triomphe maniaque. On proposera d'aborder la manie comme une "solution inconsciente", aussi illusoire que bouleversante, à la perte d'objet originaire. "Folie pure", en ce qu'elle prétend non seulement surmonter la perte d'objet mais aller s'affranchir de l'objet même, comme le note Freud.On s'appuiera tant sur les figures cliniques de la manie que sur le retour de la manie dans les phénomènes collectifs - en s'appuyant sur le formidable retour de flamme maniaque qui a suivi l'extraction des corps des rois morts de la Basilique de Saint-Denis en 1793. Occasion d'interroger les effets de réel du forclusif au coeur du collectif et de l'histoire. C'est dans la mise en acte de "tuer le mort" que se déchiffre le phénomène maniaque, permettant d'interroger à nouveaux frais la logique forclusive

12 novembre 2015 - Solal Rabinovitch
"Les effets d'une fracture forclusive dans le réel du corps"

Si avec la forclusion du Nom-du-Père nous sommes dans le domaine de la spéculation, il nous est par contre possible de mesurer les effets d’une fracture forclusive, quelle qu’elle soit, au niveau du réel du corps où ils font retour. C’est ce que je tâcherai d’interroger plus particulièrement dans la clinique du trauma et dans celle de la paranoïa.

10 décembre 2015 - Françoise Bessis
"Trauma et cancer"

Le cancer, trauma à la fois corporel et psychique, peut être pour le patient un événement qui lui donne accès à ses parts psychiques dévastées, anéanties, retranchées, effets de traumas antérieurs d'où le sujet est exclu, et qui sont l'effet, à la fois mortifère et défensif, du clivage lié au trauma.
Quelles modalités transférentielles le psychanalyste doit-il mettre en œuvre et en jeu pour accueillir le trauma dans la cure, de manière opérante, et ainsi permettre au patient de s'inscrire dans une temporalité subjective, et dans un mouvement de vie.
Pour tenter de rendre compte de ce cheminement, nous nous appuierons sur des trajets thérapeutiques.

14 janvier 2016 - Colette Soler
"Forclusion de fait ?"

Lacan emploie cette expression dans Le sinthome pour caractériser Joyce. Elle fait question, car si une forclusion est l’absence d’un signifiant, n’est-elle pas nécessairement de fait?

11 février 2016 - Gérard Pommier
"De l'intensité de la forclusion et de sa conséquence sur le corps" (psychique et somatique)

La position du « phénomène psychosomatique » a été inscrite de manière connexe, mais différemment par Freud et par Lacan. On essaiera d’aborder ces deux positions et leurs explications métapsychologiques.

10 mars 2016 - Arlette Pellé
"Un corps s'en-TÊTE. Traumatisme objectif et ses effets sur le réel du corps"

Il s'agira à partir de certains tournants d'une cure analytique de montrer comment une atteinte corporelle grave peut être pensée avec la théorie psychanalytique et en questionnant quelques notions des neurosciences contemporaines.  

14 avril 2016 - Cartel de la clinique hospitalière (à la Salpêtrière)
"Promenade sur les bords du réel, la forclusion en questions...entre corps et langage"

Témoignages d'une expérience analytique singulière à l'hôpital général, au travers d'instants cliniques.  Le corps en première ligne aux prises avec les résonances et discordances entre le discours d'un sujet et le discours médical. A l'écoute d'un corps imaginaire, d'un corps de douleurs où la jouissance, au-delà du pulsionnel, paraît sans limites."

12 mai 2016 - Jean pierre Basclet
"Les "maladies nécessaires": le discord du forclusif?"

"Je placerai mon propos dans la perspective du forclusif comme mécanisme non spécifiquement pathologique pouvant prendre part à l'éclosion de " maladies nécessaires ". Celles-ci ne feraient retour dans le réel du corps que d'être l'expression d'évènements (physiques ou langagiers) qui y étaient inscrits mais inaccessibles au symbolique."

9 juin 2016 - Houchang Guilyardi
"Jouissances barbares"

Le nirvana
masque mal l’océan de haine, tapi juste derrière son image, et toujours au bord de l’inflammation.
Issu d’un désir fou, le parlêtre ne rêve que de réintégrer cette hallucination, et s’y noyer.
Déni, perversion, toute-puissance et psychose : le sujet s’y abandonne bien davantage et y succombe bien plus souvent qu’il ne le suppose, tout guindé qu’il soit dans les oripeaux du paraître et de la conscience.
Si les religions sont nées pour limiter la jouissance folle, elles s’adaptent aux temps, composant avec la psychopathologie « quotidienne », jusqu’à soutenir leurs dérives et inversions.
Si la profondeur barbare de l’être humain est infiniment supérieure à sa moralité, comme l’avance Freud, la puissance du langage s’avère en fin de compte dominante, conduisant inexorablement à la limitation de la jouissance folle. La barbarie n’a aucune chance.
Quelques réflexions.