2014-2015

DU FORCLUSIF DANS SES AVATARS SOMATIQUES ET PSYCHIQUES

Texte de l’argument général de la forclusion
Comité d’organisation: Houchang GUILYARDI, Danièle EPSTEIN, Geneviève VIALET-BINE
Lieu des conférences: MALONGO CAFE
50, rue Saint-André des Arts, 75006 – Paris

9 octobre 2014 - Houchang Guilyardi
Psychoses somatiques et psychoses psychiques

"Si pour nous le sujet n'inclut pas dans sa définition,
 dans son articulation première,
la possibilité de la structure psychotique,
nous ne serons jamais que des aliénistes"
Jacques Lacan

Psychoses somatiques, psychoses psychiques.
Termes pouvant apparaître étranges ou aberrants,
caricatures erronées,
consonnant de plus avec " psychosomatique".
Ils réclament  de porter attention
vers ce qui dans le corps,
n'est pas conversion.

Aussi célébré
que sous-évalué
dans ses conséquences
cliniques autant que théoriques,
le concept majeur
de Forclusion du Nom-du-Père
se présente cependant à nous
à travers trois
murs de verre,
aveuglants,
et comme infranchissables.

Il est d'abord convenu
de ne pas considérer qu'elle énonce,
terme tabou
s'il en est, une
théorie psychogénétique.

Fugace ou chronique,
enkystée ou galopante,
itérative, ébrieuse, colérique,
mélancolique ou criminelle,
il s'avère dérangeant
et finalement exclu de penser
la psychose en chacun.

Et enfin
de considérer le forclusif
à travers ses effets dans le corps, les
pathologies fractales somatiques.

HOUCHANG GUILYARDI

13 novembre 2014 - Françoise Davoine
"Du délire dans un service de réanimation au délire dans la psychose"

"A partir de récentes histoires cliniques, je parlerai de la psychanalyse du trauma et de la folie qui contrevient à la technique et aux concepts classiques. Comment est-il possible d'entendre le délire comme une recherche d'altérité, là où il n'y a plus d'autre pour répondre de la vérité, avec l'effondrement  de tout repère symbolique. L'analyste dans ce cas est appelé à agir comme témoin d'un événement sans témoin, à partir de sa familiarité avec des zones analogues".

11 décembre 2014 - Jean-Claude Maleval
"Phénomène psychosomatique et carence du fantasme"

"L’ouvrage de Fritz Zorn, Mars [1977], constitue un exceptionnel document clinique sur ce que son auteur nomme « une maladie de l’âme ». Il considère l’avoir traitée par son cancer, de sorte qu’il soutient un stupéfiant paradoxe : « la chose la plus intelligente que j’aie jamais faite, c’est d’attraper le cancer ». Il en rend compte par la dénonciation d’une « éducation à mort » qui est sa manière de décrire la méchanceté de l’Autre quand le sujet n’est pas en mesure de s’en protéger par le fantasme. Le phénomène psychosomatique apparaît ici comme un chiffrage spécifique de la jouissance".

8 janvier 2015 - Marc Léopold Levy
 "Osez le soma : avec le corps dénoué, comment opérer"

"Que faire quand le corps crie en-deçà de la parole : quand le corps réel n’est pas noué aux autres instances ? C’est en convoquant l’imaginaire du patient qu’on peut espérer donner du corps au nouage et ainsi le rendre un peu sujet"

12 février 2015 - Caroline Gillier
"Bion et le chemin somato-psychotique"

"A l’aube du 20ème siècle Freud a organisé dans sa tête et inventé un dispositif permettant l’exploration de ce qui est inconscient. BION, en s’appuyant sur son expérience des conflits majeurs du 20ème siècle a continué cette exploration du coté de ce qui n’a pas pu devenir inconscient. Il a mis en évidence l’organisation primitive de la personnalité qu’il a nommé PROTO-MENTALE ou SOMATO-PSYCHOTIQUE, où tout reste indifférencié".

12 mars 2015 - Anne Lefevre
"Un avatar de la forclusion locale : le passage auto-mutilateur d'une patiente boulimique"

"La clinique nous montre que dans le psychisme humain il peut y avoir – peut-être même y a t-il toujours – coexistence de pans de réalités régis par le refoulement et d'autres par un processus plus radical du registre forclusif. Celui-ci, échappant à la logique phallique est qualifié de forclusion locale par J.-D. Nasio. La coexistence de ces deux types de réalité s'observe chez les patients  dits  "psychosomatiques" et les patients borderlines."
L'idée centrale est que le retour de "l'objet" s'effectue différemment en cas de névrose, de psychose ou de cette folie du corps qu'est l'éclosion "psychosomatique" ou le recours à un acte
Je vous présenterai d'abord un tableau comparatif des modes d'expression de l'inconscient suivant le mode de défense adopté.
J'illustrerai ensuite mon propos par le récit clinique du passage à l'acte auto-mutilateur  d'une patiente boulimique
J’ajouterai encore que des apports techniques – dont le squiggle pratiqué par Winnicott, par exemple – sont sans doute à introduire, dans "une cure", en cas de rupture forclusive de la chaîne signifiante.

9 avril 2015 Colette Soler 
"Les corps prolétaires"
- Annulé

21 mai 2015 - Danièle Epstein
"Le corps désarçonné"

"Les conséquences de la forclusion sont-elles toujours massives, ou bien peut-on envisager que, sous l'impact d'un évènement ou d'un signifiant traumatique, la castration symbolique est rendue provisoirement inopérante et c'est le corps lui-même qui est saisi?Le Sujet divisé est alors court-circuité, effracté, laissant  émerger  un processus localisé et transitoire qui coexiste avec une autre réalité psychique structurée par le refoulement. Si la somatose renvoie au mécanisme de la forclusion, pour autant la forclusion renvoie-t-elle nécessairement à une structure psychotique ? Peut-on envisager que sous l'emprise de certains évènementsqui font appel,des points de psychose coexistent avec la névrose? Ce questionnement s'appuiera sur des situations cliniques à la limite de la cure, à la limite de notre savoir, qui nous plongent dans un entre-deux: entre-deux vies, entre-deux morts,  entre-deux structures."

11 juin 2015 - Geneviève Vialet-Bine
 : "Un cas d'école : passage à l'acte, hallucination, chute d'un corps"

"Quand le nom du père n’a pu s’inscrire, c’est une identité imaginaire qui va donner consistance au sujet ; La signification phallique faisant défaut, le sujet se trouve contraint à chercher un précaire appui dans le champ des images. Non lesté par le symbolique, le moi reste flou et instable, captif des images spéculaires et de leur ambivalence grosse d’agressivité; L’étayage par un petit autre peut stabiliser ce montage spéculaire en des scénarios offerts au regard, c’est la rencontre de « l’œil mauvais » qui fera voler en éclats ce fragile équilibre dans un passage à l’acte meurtrier. Perdre l’appui du semblable, véritable bouchon narcissique met à nu le gouffre de la forclusion, vide d’où va émerger l’image épurée de l’Autre Jouïsseur auquel, après hallucinations et délire mystique, le sujet va offrir son corps comme déchet (objet »a ») en s’abandonnant à la mort."