2013-2014

"DE LA GUéRISON. PSYCHANALYSE ET VéRITé"

La psychanalyse a été inventée par Freud comme procédé thérapeutique destiné à soulager les “maladies nerveuses” et c'est le terme de guérison qui revient en maintes occurrences sous sa plume tout au long de son œuvre jusques et y compris dans ses travaux testamentaires - “analyse finie, analyse infinie”, “l'abrégé”, “clivage du moi”-.
Et pourtant ce signifiant guérison à connotation médicale  (“restaurer l'état d'avant la maladie ou l'accident”, comme le stipule le serment d'Hippocrate) va changer de nature, dés lors que Freud instaure la “cure de parole” et la méthode de l'association libre dans le Transfert comme mise en acte de l'inconscient : au travers des mailles de la parole, échappées au refoulement  surgit, séance après séance, un savoir insu, maître en la demeure, traces d'expériences refusées et qui fait symptôme pour se faire reconnaître, ainsi va l'inconscient freudien, lieu de la vérité du sujet. Une vérité passe qui pourrait n'être pas reconnue, n'était l'intervention de l'analyste qui la prend dans ses filets : ce sont ces étincelles de jouissance, ces éclats de savoir insu, et ces “einfalls” qui traversent la séance en contrebande, essaim de signifiants porteur de Vérité.
Ce n'est pas le symptôme en soi, isolé de tout contexte qui est l'objet du travail analytique, mais la fonction que ce dernier occupe dans l'économie psychique de l'analysant, sa raison d'être et de se répéter dont ces signifiants sont le vecteur.
Le Transfert, cœur du dispositif, par ce qui s'y véhicule du passé au présent va permettre par delà le symptôme et les résistances, de dénouer les “fausses connections” et les leurres et de remettre le Sujet, en souffrance et en panne, en mouvement.
Les déplacements subjectifs, ponctués par l'acte analytique vont permettre à l'analysant de se saisir  des signifiants de son histoire, signifiants noués au corps et d'opérer les remaniements pulsionnels qui lui permettront de lâcher son symptôme et ses jouissances morbides devenues obsolètes. Il pourra dés lors investir de nouveaux objets et s'ouvrir aux autres et au monde. Si d'aventure le symptôme, dans des moments de vulnérabilité, réapparaissait, il n'y serait plus aliéné et “saurait faire avec” sans l'occulter et resterait  ainsi acteur de sa vie.
Processus de symbolisation, de transformation “là où le çà était, le Je doit advenir”. Ce qui s'accomplit dans une cure est précisément ce que Freud désigne comme “kulturarbeit” difficile à traduire avec justesse, au plus prés, peut-être d'un travail de civilisation et d'un  travail d'humanisation, au cœur duquel la guérison vient de surcroît.
Ce sont les opérateurs à l'œuvre dans le travail de la cure que nous vous proposons d'explorer dans le nouveau cycle de conférences.au cours de l'année 2013-2014.

10 octobre 2013 - Danièle LEVY
"LA VERITE CHEZ FREUD ET CHEZ LACAN"

14 novembre 2013 - Gérard HADDAD
"RETROUVER SON CHEMIN"

12 décembre 2013 - Patrick de NEUTER
"SUBVERSION LACANIENNE DE LA GUERISON"

09 janvier 2014 - Monique BYDLOWSKI
"DU SYMPTOME D’INFERTILITE PSYCHIQUE- GUERISON?"

13 février 2014 - Catherine KOLKO
"L'INANIME DANS LA LANGUE"

13 mars 2014 - Patrick GUYOMARD
"GUERIR DE LA VERITE"

10 avril 2014 - Christian SIMATOS
"GUERIR A VRAI DIRE?"

15 mai 2014 - Houchang GUILYARDI
"REEL ET JOUISSANCE"

12 juin 2014 -Moustapha SAFOUAN
"LA GUERISON, CE QU’ON PEUT EN SAVOIR ET EN DIRE"

 

26 Novembre 2013
Présentation des ouvrages de
Paul-Laurent Assoun - Patrick Landmann et Gérard Pommier

Les auteurs feront une présentation croisée de leurs ouvrages. Discutant: Houchang Guilyardi

Paul-Laurent Assoun: L'excitation et ses destins inconscients (PUF)
Tout commence, dans la vie psychique inconsciente comme dans le vivant, avec l’excitation, cet événement corporel. Mais il y a une énigme de l’excitation : comment advient cette « excitation pour le psychique » qu’est la pulsion ? Comment ce quelque chose qui monte, cet excès déstabilisant, génère-t-il, à partir d’un malaise initial, ce que l’on appelle « plaisir » ou vire-t-il à la douleur ? La psychanalyse est ainsi mise à l’épreuve de l’excitation sexuelle.
Le but du présent « Traité psychanalytique de l’excitation » est de doter cette notion d’un statut psychanalytique, au-delà de ses acceptions biologique, psychiatrique et sexologique, en en suivant pas à pas les « destins inconscients ». À partir d’une approche phénoménologique et d’une exploration précise de l’ensemble du texte freudien sur la notion, se dessine un portrait métapsychologique de l’excitation en ses aspects économiques, mais aussi topiques et dynamiques. Cela rend possible une psychopathologie et une clinique du processus excitationnel, de la conversion hystérique au masochisme en passant par le régime psychotique de l’excitation. Mais aussi une « clinique du paroxysme », de la décharge dans l’acte (pyromanie) aux pathologies somatiques, des tics à l’épilepsie – avec pour fil rouge la clinique du trauma, débordement du « pare-excitation ». Cela interroge aussi l’« excitation intellectuelle » et la régulation sociale de l’excitation sexuelle. Le point d’aboutissement en est la question de l’acte sexuel et de ses déboires, dans les registres du masculin et du féminin. Cela permet de dégager le statut de l’orgasme chez Freud et de réinterroger le lien à la jouissance chez Lacan, dans son rapport au désir et à l’amour.

Patrick Landmann et Gérard Pommier: Le refoulement, Pourquoi? Comment? (ERES)
Le refoulement est généralement considéré comme un fait sans que l’on s’interroge sur ses causes, ni sur ses processus qui sont variables. Il s’agit d’explorer ces questions et d’en tirer les leçons cliniques.À tour de rôle, Patrick Landmann et Gérard Pommier prennent la parole pour apporter des éléments de compréhension sur le concept de refoulement au cours de « séminaires bicéphales » qui se sont prolongés sur deux années. Dans le langage oral retravaillé propre à cet exercice : simple, largement accessible, vivant, imagé, convoquant tour à tour Freud ou Lacan, la clinique de l’autisme et celle des psychoses, ils éclairent de manière passionnante autant de concepts fondamentaux : les représentations de mots, les représentations de choses, le transfert, le langage, la conscience, l’angoisse, la jouissance sexuelle, l’affect, les fantasmes, le plaisir, les mythes, la pulsion, l’interprétation, les rejetons du refoulé, la différence entre répression et refoulement, etc.